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Fin d'année 2014


Installation du père Adam
Septembre 2014

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Pélerinage à Notre Dame d'Utelle
Septembre 2014



Soirée Louange 14 déc 2015
La Trinité


Kermesse 2015


Première Communion 2015

 

10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 09:20

ou-vont-les-morts.jpgCe que nous devenons après la mort est un grand mystère. Les chrétiens parlent de résurrection et de vie éternelle. Qu'est-ce que cela veut dire ? Le P. Bernard Sesboüé, jésuite, théologien, a répondu à Sophie de Villeneuve dans l'émission de Radio Notre-Dame "Mille questions à la foi".

Sophie de Villeneuve : Nos morts, où vont-ils ?

Bernard Sesboüé : Si vous me posez la question en termes de lieu, je dois vous répondre : nulle part. Nos morts vont au cimetière, c'est tout. Car ce que nous n'arrivons pas à nous représenter, c'est l'ordre de la Résurrection, l'ordre de la vie glorieuse dans le Christ, qui dépasse le temps et l'espace. Nous nous disons que nous risquons de nous ennuyer dans la vie éternelle, qu'elle va durer bien longtemps, surtout vers la fin, comme disait un humoriste. Pour répondre à cela, je prendrais l'image d'un premier jour de vacances, qui a une valeur très particulière parce qu'on n'en envisage pas encore la fin. On se dit qu'on a beaucoup de temps devant soi, comme si cela devait durer toujours. Je dirais que la vie dans la résurrection sera un commencement. Saint Grégoire de Nysse disait que nous irons de commencement en commencement, par des commencements toujours nouveaux. Ne craignons donc pas une liturgie interminable, ce sera une découverte jamais complètement satisfaite.

Vous avez l'air de dire que ce sera très beau ?

B. S. : Oui, ce sera beau, ce sera grand, ce sera une vie dans l'amour. Vous m'avez posé la question du lieu, je vous répondu par le temps. Nous serons dans la continuité de l'espace-temps. Dans cette continuité, notre corps, et c'est douloureux pour nous, sera devenu un cadavre, qui n'est plus un corps parlant et communiquant. Le propre de notre corps est bien sûr d'être terrestre, mais de pouvoir penser, parler, agir, communiquer et donc, avec tout cela, aimer. Et aussi souffrir. Notre corps, c'est cela : ce qui s'est passé dans notre vie, le réseau de toutes les activités que nous avons menées, de toutes les relations que nous avons nouées, de toutes les décisions que nous avons prises.

Mais alors si le corps disparaît, que se passe-t-il ?

B. S. : Je ne dis pas qu'il disparaît. Je dis que ce que l'on enterre, c'est un cadavre, que nous respectons parce que nous y reconnaissons les restes d'une personne chère, mais son corps est ressuscité. Je tiens, avec beaucoup d'autres théologiens, que la mort et la résurrection sont contemporaines. Autrement dit, on ne peut pas concevoir, Karl Rahner l'a très bien souligné, une séparation complète de l'âme et du corps. L'âme est la forme du corps, et même dans la conception la plus aristotélicienne, il y a toujours un rapport de l'âme au corps. Quand Jésus dit au bon larron : "Tu seras avec moi aujourd'hui dans le Paradis", il parle de la personne concrète qui est à côté de lui sur la croix, il ne dit pas "ton âme", il dit "tu". Grâce à cette résurrection, c'est la totalité de notre être qui entre dans la vision de Dieu.

C'est-à-dire que le jour de notre mort, nous ressuscitons. Et la fin des temps, alors ?

B. S. : Cette résurrection n'est pas totale et complète, parce que nous, nous ne sommes pas ressuscités. Le monde de la Résurrection est le monde de la communication parfaite. J'ai dit que notre corps est un corps parlant et communiquant. Le corps glorieux est un corps qui peut communiquer dans la perfection, dans la limpidité. Ce qui est irreprésentable pour nous, c'est que nous puissions avoir avec tous une communication personnelle de parfaite limpidité. Voilà ce qui nous est promis. Tant que ce monde continue, nous faisons toujours l'expérience de la séparation avec nos défunts. Et puisqu'ils ne peuvent pas communiquer avec nous et nous avec eux, nous ne sommes pas ressuscités et eux ne le sont pas encore complètement. Ils attendent la fin des temps et notre résurrection pour pouvoir être totalement ressuscités. Je conçois le monde de la gloire comme la construction glorieuse du Corps du Christ, au fur et à mesure que tous les défunts le rejoignent pour préparer cette fin des temps. Mais eux sont déjà dans la fin des temps.

Il y aurait donc une résurrection en deux temps. Ou plutôt c'est un mouvement ?

B. S. : L'ennui c'est que vous employez encore le mot de temps. Pour nous, c'est en deux temps, pour eux c'est très différent.

Mais quand même, il y a encore le ciel, l'enfer, le purgatoire… Vous allez me dire que ce ne sont pas des lieux ?

B. S. : Le purgatoire n'est pas un lieu, Jean-Paul II lui-même l'a dit. Le purgatoire n'est pas une sorte de camp de concentration arbitraire où l'on vous fait souffrir. Le purgatoire, c'est un devenir de transparence. Le monde de la glorification est un monde de limpidité et de transparence parfaite. Il est bien évident que la plupart d'entre nous ne meurent pas dans une attitude de transparence parfaite. Il faut donc passer par un certain processus de purification pour parvenir à cette limpidité. C'est cela, le purgatoire.

Ce n'est ni un lieu ni un temps ?

B. S. : J'ai employé le mot de devenir, qui évoque une réalité temporelle. Mais ce n'est ni un lieu ni un temps. Saint Augustin le voyait comme une attitude de purification. Il n'a été représenté comme un lieu qu'au Moyen-Age. Du point de vue de la foi, il nous est seulement demandé de croire que les défunts ont besoin de purification, et que notre prière pour eux est utile.

Et cet enfer qui nous fait si peur ?

B. S. : L'enfer, c'est l'hypothèse que l'on ne peut jamais exclure qu'une liberté humaine peut refuser totalement la bonté, la miséricorde, l'amour de Dieu.

Même au moment de la mort, c'est possible ?

B. S. : Certains pères de l'Eglise, les pères miséricordieux, ont pensé que finalement les choses s'arrangeraient et que l'enfer ne pouvait être que temporaire. L'Eglise a toujours été réticente devant de telles positions, car il y va de la liberté et de la dignité de l'homme. Si l'on dit que quoi qu'il arrive, les choses s'arrangeront, on n'est pas dans la vérité. Mais Kirkegaard, repris par Hans Urs von Balthasar, disait cette très belle phrase : "L'enfer n'est pas pour moi une question pour les autres. Je fais pour les autres confiance à la miséricorde du Seigneur. L'enfer n'est une question que pour moi." Au lieu de croire, entre gens bien élevés, que l'enfer n'est pas pour nous, Kirkegaard inverse la perspective et dit : "Pour moi, je sais que ma liberté est en cause et que je peux rater ma liberté."

Il faut donc vivre avec l'idée que l'enfer, pour nous-mêmes, est possible ?

B. S. : L'enfer est un risque. Dans l'Evangile, quand on parle de l'enfer, c'est toujours sous la forme : "Attention, vous risquez de… si…". Jamais on ne dit de tel ou tel qu'il ira en enfer, pas même de Judas. Jésus ne condamne jamais. L'enfer est une hypothèse toujours possible si vous refusez l'amour de Dieu de manière constante.

Si j'ai bien compris, nos morts ne vont nulle part.

B. S. : Ils ne vont pas dans un lieu ni dans un temps, ils sont dans un état qui pour nous est irreprésentable. Les images que nous en avons sont grossières : celle du repas éternel, parce que le repas est associé à la fête. Si vous interrogez les images que l'on a du ciel dans les pays chauds, vous trouverez de la fraîcheur, et de la chaleur dans les pays froids ! C'est l'image du bonheur.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 09:15

messe.jpgEn novembre, nous pensons plus spécialement à nos défunts; les paroissiens sont nombreux à demander des messes… Certains se posent des questions par rapport à ces messes pour les morts. Les uns insinuent le doute en disant: « Leur parcours est achevé », ou bien pour des croyants: « Ils sont déjà auprès de Dieu (dans le sein d’Abraham), à quoi bon encore prier pour eux ?

1 – Pourquoi une prière pour les défunts?

Dans les traditions catholique et orthodoxe, on croit que les défunts ont encore à être purifiés de leurs péchés (sauf quelques grands saints). Il y a donc un temps où les âmes des morts sont encore en attente avant de pouvoir bénéficier de la vision de Dieu. On appelle ce temps le purgatoire. Déjà, dans l’Ancien Testament, on trouve la prière pour les morts tombés dans une bataille contre l’envahisseur grec (2 M 12, 45).

2 – Rester en relation avec les défunts

La prière pour les défunts permet aux personnes endeuillées de se sentir encore en relation avec leurs défunts. Mgr Brunin, évêque d’Ajaccio, a cette belle réflexion: « La mort de nos proches, qu’elle soit brutale ou qu’elle survienne au terme d’une longue maladie, est toujours une séparation, une rupture de relation avec l’être aimé.

Les personnes en deuil vivent douloureusement le fait de ne plus pouvoir communiquer avec celui qui est décédé. C’est le temps de l’absence qu’il faut apprivoiser, où les souvenirs reviennent comme autant de coups au cœur… St Paul nous exhorte à n’être pas abattus comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Il ne nous demande pas, bien sûr, de refuser la souffrance, mais de la vivre dans la lumière de l’espérance offerte par le Ressuscité. Ayant offert sa vie par amour pour les hommes, le Christ nous ouvre l’accès à la vie de Dieu.»

3 – La messe, façon de vivre la communion des saints

En fait, vivants ou morts, nous sommes tous membres de la même famille. Ainsi, vivants ou morts, nous intercédons les uns pour les autres. Dans le Christ ressuscité, il n’y a pas de séparation entre les morts et les vivants, «Il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants» (Mt 22, 32).

Unis au Christ dans la célébration eucharistique, nous sommes en communion avec nos défunts. Nous prions pour eux et ils prient pour nous. « L’Eucharistie devient l’espace d’un mystérieux échange et d’une profonde communion d’amour et de prière avec ceux qui ont déjà vécu leur pâque décisive avec le Père» (Mgr Brunin).

Pour terminer, précisons que l’offrande donnée pour une messe a aussi pour but d’aider le prêtre qui la célèbre (dans les pays où le prêtre touche un salaire, l’intention de messe est très diminuée). En aucun cas, il ne s’agit de payer quelque chose comme si le mystère célébré avait une valeur marchande. En fait, la messe n’a pas de prix, mais nous comprenons qu’en demandant des messes pour nos défunts nous aidons aussi des prêtres à vivre.

 

P. Bernard Boulanger

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 13:55
Le chapelet c'est quoi ? Quand le dire ? Qu'est-ce que ça raconte ? Qu'est-ce que ça apporte ? Des enfants nous l'expliquent pour que chez nous, en voyage ou encore en pèlerinage à Lourdes, on puisse le prier !
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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 13:25

chaplet.jpg Un rosaire comprend 150 "Je vous salue Marie" partagés en trois parties. Puis chaque partie en cinq dizaines, chacune étant précédée d'un Notre Père et suivie du Gloire au Père ou Gloria, en l'honneur de la Sainte Trinité.

Un chapelet de roses

Le "Je vous salue Marie" n'est pas apparu d'un seul coup. Nous en avons relu l'histoire dans les premières séquences de ce parcours. Cette prière à Marie est née peu à peu dans la piété de l'Eglise, pour ne se fixer dans sa forme définitive que vers 1500. Pourtant, dès le 12e siècle, saint Bernard contribua à développer cette prière à Marie sous la forme naissante du chapelet ou du rosaire. Et Saint Dominique au siècle suivant, en répandit l'usage, prescrivant à ses religieux de porter un chapelet à leur ceinture. La grande peste de 1349, qui ravagea tous les royaumes d'Europe, amena les foules à un surcroît de piété, qui contribua également à l'essor de la piété mariale. Et c'est en fait au siècle suivant que cette prière prit le nom de Rosaire.
Le Pape Pie V engagea l’Église entière à cette prière, face à l'avancée turque qui menaçait l'Europe. C'est ainsi que fut attribuée au Rosaire la victoire décisive de Lépante, en 1571. La fête de Notre-Dame du Rosaire, célébrée le 7 octobre, a été instituée par le Pie V en 1573, pour remercier Marie de cette victoire. Et l'ensemble du mois d'octobre, durant lequel comme au mois de mai, on prie particulièrement la Vierge, est volontiers appelé le mois du Rosaire.

Le Psautier de Marie

Au sens strict, le chapelet est un "petit chapeau" ou comme une couronne. On avait en effet coutume, au Moyen Age, de couronner de roses les statues de la Vierge, chaque rose symbolisant une prière, d'où le mot de rosaire.

Un rosaire comprend 150 "Je vous salue Marie", qui rappellent les 150 Psaumes, et on a longtemps appelé le Rosaire Psautier de Marie. Les 150 "Je vous salue Marie" furent partagés en trois parties, en l'honneur de la Trinité. Puis chaque partie en cinq dizaines, chacune étant précédée d'un Notre Père et suivie du Gloire au Père ou Gloria, en l'honneur de la Sainte Trinité.

Méditer l'histoire du Salut

Le Rosaire est ainsi une forme de prière répétitive et très simple, durant laquelle on médite sur la place de Marie dans le mystère du salut, pour s'y associer. Cette prière en effet n'est pas pure répétition : elle est méditation, accueil du mystère de Dieu qui touche et rejoint nos vies. Le chapelet ou le rosaire sont ainsi une méditation de l'Evangile, l'accueil pour le croyant, de la vie du Seigneur.

Dans la récitation du chapelet, chaque mystère est annoncé ou médité et suivi d'une dizaine de chapelet. Le rosaire a longtemps compté quinze mystères, répartis en 3 séries : les mystères joyeux, douloureux et glorieux, ce qui amenait aux 150 Je vous salue Marie, qui en faisaient le Psautier de Marie. Mais Jean-Paul II a rajouté en 2002 cinq nouveaux mystères : les mystères lumineux. Contemplons donc cette immense fresque de la foi.

Les mystères joyeux

Les premiers mystères que l'on prie sont les mystères joyeux. Ils rappellent et contemplent le mystère de la naissance et l'enfance de Jésus. Ce sont : 1. L'Annonciation : l'ange Gabriel est envoyé par Dieu à Marie, pour lui annoncer qu'elle serait mère du sauveur (Luc 1, 26-38). 2. La Visitation : Marie rend visite à Elisabeth, enceinte elle aussi, malgré son âge et sa stérilité. Elle mettra au monde Jean-Baptiste. Marie chante alors son action de grâce à Dieu, dans le Magnificat (Luc 1, 39-56). 3. La Nativité : la naissance de Jésus à Bethléem et la joie des bergers et des pauvres, l'adoration aussi des mages venus d'Orient (Luc 2, 1-21). 4. La Présentation de Jésus au Temple, comme la Loi juive le demandait pour tout premier-né masculin. Joseph et Marie se conforment à cet usage. Syméon et Anne reconnaissent en l'enfant le Messie attendu par Israël (Luc 2, 22-40). 5. Le Recouvrement de Jésus, lorsque Jésus est retrouvé au Temple, au terme de trois jours, au cours du pèlerinage effectué par Joseph et Marie comme c'était la coutume (Luc 2, 41-51).

Les mystères lumineux

Les mystères lumineux, introduits par Jean-Paul II en 2002 sont tout entiers centrés sur la personne de Jésus : « Si l'on veut indiquer à la communauté chrétienne cinq moments significatifs - mystères lumineux - de cette période de la vie du Christ, il me semble, dit Jean-Paul II, que l'on peut les mettre ainsi en évidence : 1. au moment de son Baptême au Jourdain (Marc 1, 21), 2. dans son autorévélation aux noces de Cana (Jean 2, 1-12), 3. dans l'annonce du Royaume de Dieu avec l'invitation à la conversion : (Marc 1, 15, Marc 2, 3-13, Luc 7, 47-48), 4. dans sa Transfiguration (Luc 9, 35 ) et enfin 5. dans l'institution de l'Eucharistie, expression sacramentelle du mystère pascal (Jean 13, 1). Chacun de ces mystères est une révélation du Royaume désormais présent dans la personne de Jésus.

Les mystères douloureux

Les mystères douloureux s'associent à la Passion et à la mort de Jésus : 1. L'agonie de Jésus au jardin des Oliviers (Matthieu 26, 36-56), 2. la Flagellation (Marc 25, 15), 3. le Couronnement d'épines (Matthieu 27, 27-31), 4. Le Portement de la Croix (Luc 23, 26-30) et 5. Le Crucifiement et la Mort de Jésus sur la Croix (Jean 19, 17-37).

Les mystères glorieux

Les mystères glorieux méditent tour à tour : 1. La Résurrection de Jésus (Matthieu 28, 5-8), 2. L’Ascension (Marc 16, 19-20), 3. La Pentecôte (Actes 2, 1-13), 4. L'Assomption de Marie (Apocalypse 12, 14-16) et 5. Le Couronnement Marie dans le Ciel (Apocalypse12, 1). 

L’Église a coutume de répartir la prière et la méditation de l'ensemble de ces mystères du Rosaire sur les jours de la semaine, pour qu'ils irriguent ainsi l'ensemble de la vie : le lundi et le samedi, les mystères joyeux, le mardi et le vendredi, les mystères douloureux, le mercredi et le dimanche, les mystères glorieux, et le jeudi, les mystères lumineux.

Au rythme de la vie humaine

Jean-Paul II à plusieurs reprises a redit la richesse de cette prière, ainsi dans cette homélie du 29 octobre 1978 : "Je voudrais, disait-il, attirer votre attention sur le Rosaire. [] Le Rosaire est ma prière préférée. C'est une prière merveilleuse. Merveilleuse de simplicité et de profondeur. Dans cette prière, nous répétons de multiples fois les paroles de l'Archange et d'Élisabeth à la Vierge Marie. Toute l'Église s'associe à ces paroles.  Sur l'arrière-fond des Ave Maria défilent les principaux épisodes de la vie de Jésus Christ. Réunis en Mystères joyeux, douloureux et glorieux, ils nous mettent en communion vivante avec Jésus à travers le Cœur de sa Mère, pourrions-nous dire. En même temps, nous pouvons rassembler dans ces dizaines du Rosaire tous les événements de notre vie individuelle ou familiale, de la vie de notre pays, de l'Église, de l'humanité : c'est-à-dire nos événements personnels ou ceux de notre prochain, et en particulier de ceux qui nous sont les plus proches, qui nous tiennent le plus à cœur."

C'est ainsi que la simple prière du Rosaire s'écoule au rythme de la vie humaine.

P. Jacques Nieuviarts, assomptionniste et bibliste

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 09:39

les-anges.jpgQu'est-ce qu'un ange ? Avons-nous un ange gardien ? Y a-t-il de bons et de mauvais anges ? Le P. Franck Javary, curé de la cathédrale de Nanterre, répond à Sophie de Villeneuve, dans l'émission Mille questions à la foi sur Radio Notre-Dame (23-01-2013).

Les anges sont-ils des êtres réels ?

F. J. : L'Eglise le croit. Nous disons dans le Credo que Dieu est le créateur de l'univers visible et invisible. Dans cet univers invisible se trouvent les anges dont nous parle l'Ecriture, dont nous parle le Christ ainsi que toute la tradition de l'Eglise. 

Ce sont des êtres invisibles, et créés, comme nous ?

F. J. : Ce sont des créatures, des êtres spirituels non corporels, dit le catéchisme, qui n'ont pas le même mode d'existence que nous. Sans corps, ils ont un mode d'existence purement spirituel, ce qui fait qu'ils ont une relation beaucoup plus directe que nous avec Dieu. Ils peuvent voir et contempler Dieu, ils peuvent aussi le rejeter. Ils sont dans un contact immédiat et direct avec leur créateur, ce qui n'est pas notre cas.

Y a-t-il une hiérarchie des anges ?

F. J. : L'Ecriture parle de différentes catégories d'anges. Je pense qu'il faut surtout en retenir l'idée d'un foisonnement, d'une diversité, à l'image de la profusion que nous connaissons sur terre, et qui est un signe de la bonté et de la générosité du Seigneur. Dans la tradition chrétienne, on a aimé répertorier neuf catégories d'anges. Tout cela reste très au-delà de notre perception, mais on peut en retenir l'idée d'une différenciation, avec des anges, des archanges, des chérubins, des séraphins, etc. qui montre la bienveillance et la générosité de Dieu quand il crée.

Nous avons évoqué les bons et les mauvais anges. Y a-t-il des batailles entre eux ?

F. J. : Etant un être spirituel créé par Dieu, l'ange est capable de liberté. Comme nous, les anges sont libres de suivre Dieu ou non, de lui obéir ou de lui désobéir. La tradition chrétienne croit en l'existence d'anges qui ont rejeté le Seigneur, et qui sont par ce choix devenus mauvais. Et, à la tête de ces anges, nous parlons de Satan.

Ces anges, bons et mauvais, quel est leur rôle ? Ont-ils un rapport avec nous ?

F. J. : Le mot « ange » signifie une fonction : envoyé, messager. Nous leur reconnaissons d'abord une très belle réalité, c'est qu'ils adorent la face de Dieu, les anges bons en tout cas. Leur joie, c'est de contempler Dieu, de chanter sa gloire. A la messe, nous chantons avec le chœur des anges : « Saint, saint, saint le Seigneur ». Et puis ils sont pour nous des messagers. Dans des circonstances particulières, Dieu les charge de nous porter des messages. Nous pensons bien sûr à l'ange Gabriel, qui a porté le message de l'Incarnation.

Ces anges, nous les voyons dans la Bible, dans l'art. Mais dans notre vie de tous les jours, comment reconnaître un ange ?

F. J. : La Bible nous dit que c'est dans des circonstances exceptionnelles qu'un ange est envoyé. Ce n'est pas tous les jours que Dieu envoie un ange porter un message particulier. Mais nous croyons que Dieu a pour chacun de nous un ange gardien. Nous en avons le témoignage de Jésus lui-même, dans un passage rapporté par Matthieu, qui dit en parlant des tout-petits : « Ne les méprisez pas, car leurs anges voient constamment la face de Dieu. » C'est une réalité spirituelle que je crois profonde, parce qu'elle dit que le monde des anges n'a pas seulement un lien général avec nous, mais entretient avec chacun un lien plus particulier, dont l'ange gardien est un exemple : il y a au ciel un ange qui me connaît, qui veille sur moi, qui peut sans doute m'inspirer de bonnes pensées, de bonnes actions, et peut-être, dans des circonstances exceptionnelles, être le porteur d'un message particulier. Reconnaissons que c'est rare !

Mais si c'est rare, comment croire à ces anges ?

F. J. : Comprenons bien qu'il nous est demandé de croire en Dieu, et donc de croire aussi en la profusion de la vie qu'il a créée. Nous croyons aussi à tous ceux qui accompagnent Dieu : nous demandons aux saints de prier pour nous, et nous pouvons demander aussi aux anges de prier pour nous, de veiller sur nous, de nous soutenir... Ce sont des compagnons célestes. Dans l'amitié spirituelle, il y a ceux qui sont déjà au ciel, nos frères et sœurs les saints, et les anges qui contemplent la face de Dieu, et qui pourraient nous aider à prier, à contempler, à louer, à chanter. Pensons à eux à la messe, pour aider notre esprit à s'élever vers notre patrie céleste.

Et les anges mauvais, quel est leur rôle ?

F. J. : Les anges mauvais cherchent à nous entraîner dans leur choix terrible de s'être séparés de Dieu. Le mot diable signifie « diviseur », il cherche à nous diviser, à nous séparer de Dieu. Les anges mauvais veulent nous détourner de Dieu. 

N'est-il pas un peu dangereux de personnifier ces esprits célestes ?

F. J. : Si nous ne les personnifions pas, ils ne sont pas ce que nous croyons, c'est-à-dire de vraies créatures. Bien sûr, la question du diable est délicate. Il ne faut pas laisser notre imagination voir partout et toujours des esprits mauvais à l'œuvre. Il y aurait un certain danger à se croire tourmenté, persécuté par des esprits mauvais. C'est le Seigneur qui règne sur nos vies. Mais il est possible que nous connaissions, à certains moments, une tentation particulière en lien avec un esprit réel, personnel.

Dans notre foi de tous les jours, quelle place donner aux anges ? Nous avons tout de même déjà Dieu, Jésus, la Vierge, la Trinité, l'Esprit saint. Quelle place donner aux anges dans notre vie spirituelle ?

F. J. : Nous pouvons leur demander de nous aider, de nous accompagner vers le Seigneur. Nous ne sommes pas tenus de leur donner une place particulière. Cela dépend aussi de notre dévotion personnelle, de la manière dont nous aimons prier. Pourquoi préférons-nous invoquer un saint plutôt qu'un autre ? De grandes figures nous sont données à tous, la Vierge Marie n'est pas une option ! Mais dans l'immense cohorte des saints, nous pouvons avoir une amitié particulière pour saint François plutôt que pour saint Dominique. Avec les anges, c'est un peu du même ordre. Il y a leur rôle dans la vie de l'Eglise, celui que Dieu leur donne, et il y a mon inclination personnelle, qui me rend plus ou moins attentif à leur rôle spirituel. De toute façon, dans la liturgie, je suis associé à la prière des anges. Pour le reste, cela dépend de mon choix.

Peut-on dire que sur terre, déjà, nous prions avec les anges ?

F. J. : Bien sûr. Les anges qui sont au ciel nous aident à nous unir à l'Eglise du ciel. Nous sommes en chemin vers la vie éternelle, et les anges sont de toute éternité dans cette vie de contemplation de Dieu, ils nous attendent, ils nous appellent, ils veulent nous montrer le Seigneur. Ils sont le reflet de la splendeur de Dieu.  

Propos recueillis par Sophie de Villeneuve

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 16:06

des-hommes-de-dieu.jpgNous expérimentons parfois le silence de Dieu dans des périodes de sécheresse spirituelle. Il s'agit là d'une expérience fondamentale et fondatrice. Un article du P. Michel Souchon, jésuite.

Le chemin de la foi traverse des épreuves. Ces épreuves peuvent aider au progrès et à l'approfondissement de la foi. Beaucoup de chrétiens disent que leur prière et leur foi se heurtent au silence de Dieu. Ils ont dit, comme le petit Samuel : "Parle, Seigneur, ton serviteur écoute" (1 Samuel, 3,10), et ils n'ont pas entendu de réponse.

Cette constatation à peine exprimée, les consolateurs accourent. Ils ressemblent aux amis de Job : Comment pouvez-vous dire que Dieu se tait et vous plaindre de son silence, alors qu'il parle continuellement. Par la magnificence de sa création. Par les événements de nos vies. Par toute personne rencontrée. Par les prophètes, enfin, et surtout par son Fils : "Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé autrefois aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils" (Hébreux 1,1-2).

Si justes, religieux et bibliques que soient les arguments des consolateurs, nous avons le droit de leur opposer l'entêtement de Job. Dieu parle peut-être à tout le monde, mais ce que j'attends, c'est qu'il me parle à moi. Est-ce trop demander ?

Non, il n'est pas prétentieux de demander une parole personnelle, car Dieu ne parle pas à tous indifféremment. S'il est beaucoup plus qu'une personne à la manière humaine, il n'est pas moins qu'une personne : il parle à chacun en particulier. Beaucoup s'épuisent à imiter, alors que Dieu veut qu'elles inventent leur vie avec lui sur un appel personnel. Dans l'Évangile, le "viens, suis-moi" est à la deuxième personne du singulier, l'appel est adressé à un seul. Ignace de Loyola rêve d'imiter Dominique ou François d'Assise, avant de découvrir sa voie propre, ayant entendu une parole personnelle.

Aussi avons-nous le droit de refuser les bonnes paroles des consolateurs. L'expérience du silence de Dieu est fondamentale et fondatrice. Julien Green note dans son Journal : "Je ne veux pas me parler à moi-même et croire que c'est Dieu qui me parle. Il y a d'abord le silence de Dieu". Qui d'entre nous n'en a fait l'expérience ?

La plainte des pauvres

Jésus, en tout cas, fait l'expérience de l'abandon du Père au cours de sa Passion et sur la croix. Il reprend les plaintes des pauvres qui, dans les psaumes, disent leur désarroi devant le silence de Dieu. Ils s'en plaignent souvent. Les psalmistes ne se résignent pas au silence de Dieu : leur plainte fait partie de leur prière. Exemples :

"Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice !" (4,2)
"Mon Dieu, je t'appelle tout le jour, et tu ne réponds pas." (22,3)
"Écoute, Seigneur, réponds-moi, car je suis pauvre et malheureux." (86,9)
"Vite, réponds-moi, Seigneur. Je suis à bout de souffle ! Ne me cache pas ton visage." (143,7)

Ce que demandent les auteurs des psaumes, je crois, c'est moins une parole audible qu'une réponse visible, une intervention en faveur de celui qui le prie ou du peuple qui crie vers lui. À celui dont ils disent : "Il parle et cela est, il commande et cela existe" (Ps 33,9), ils demandent une parole "performative", comme disent les linguistes 1 : "Fais que j'entende au matin ton amour" (Ps 143,8). Telle est la parole que demandent les psaumes, active et efficace, cette parole dont le Seigneur dit: "Elle ne retourne pas vers moi sans résultat, sans avoir exécuté ce qui me plaît et fait aboutir ce pour quoi je l'avais envoyée" (Isaïe 55,11).

La parole dite à Élie

La Bible ne contient pas seulement des paroles adressées à tous, mais aussi des paroles adressées à un seul. Des récits rapportent l'expérience de personnes qui ont entendu une parole personnelle. Ainsi Élie à l'Horeb (1 Rois 19,8-18).

Élie marche "quarante jours et quarante nuits". Il monte à l'Horeb, "la montagne de Dieu". Il lui est dit : "Voici, le Seigneur va passer". Ouragan, tremblement de terre et feu se succèdent : Dieu n'est pas dans l'ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu, mais dans "le bruissement d'un souffle ténu". Alors "une voix s'adressa à lui: "Pourquoi es-tu ici, Élie ?" Il répondit : "Je suis passionné pour le Seigneur, le Dieu des puissances" (…). Le Seigneur lui dit : "Va, reprends ton chemin en direction du désert de Damas. Quand tu seras arrivé, tu oindras Hazaël comme roi sur Aram. Et tu oindras Jéhu, fils de Nimshi, comme roi sur Israël…".

Ce récit comporte quatre moments. D'abord, une longue marche et la montée à l'Horeb. Il faut ensuite, pour ainsi dire, "laisser passer l'orage" et les autres voix puissantes des théophanies cosmiques : ne pas s'attendre donc à une voix forte, mais prêter attention à une parole discrète. Puis vient la question radicale: "Où en es-tu ?" Enfin une nouvelle parole donne mission.

Il y a d'abord la marche, un itinéraire. Se préparer à entendre une parole du Seigneur exige de la patience et du temps. Rien n'est impossible à Dieu, sans doute, mais il est bien rare qu'il parle aux gens pressés. Le goût retrouvé pour les pèlerinages manifeste que bien des chrétiens, et souvent des jeunes, sont prêts à entrer dans la patience et la longue préparation de la rencontre.

Le second enseignement du récit de la rencontre à l'Horeb, c'est la discrétion de Dieu. "Il faut parler haut pour qu'on vous entende. Il faut parler bas pour qu'on vous écoute", dit Claudel. Dieu parle bas. La discrétion est la marque de sa parole. Pour l'écouter, il faut tendre l'oreille. Écouter n'est pas facile. Comment s'étonner de ne pas entendre Dieu, puisque nous savons si mal écouter notre prochain?

"Où es-tu, Adam ?"

Le troisième moment de l'histoire d'Élie est la question fondamentale qui lui est posée : "Pourquoi es-tu ici ?" Où es-tu ? Où en es-tu ? Elle rappelle l'interrogation de Dieu dans le jardin : "Où es-tu, Adam ?" Martin Buber rapporte l'histoire d'un maître hassidique qui, incarcéré sur une dénonciation calomnieuse, reçoit la visite du capitaine de la gendarmerie. Celui-ci lui demande comment il est possible que Dieu l'Omniscient dise à Adam : "Où es-tu ?" Le Rabbi répond que, comme toute parole de la Bible, la question est adressée à tout homme : "En tout temps, Dieu interpelle chaque homme: "Où es-tu dans ton monde ? De ceux qui te sont départis, tant de jours ont passé et tant d'années, jusqu'où es-tu arrivé entre-temps dans ton monde ?".

Le quatrième moment de l'histoire d'Élie est la parole qui charge d'une responsabilité et envoie en mission. Il faut avoir le courage de répondre à la première parole, sans nous cacher (comme fait Adam), pour entendre la deuxième : "Va". La première parole est interrogative, la seconde est impérative.

La rencontre de Pierre et de Jésus ressuscité comporte, elle aussi, ces quatre moments. La marche d'abord pour rejoindre le lieu de la rencontre indiqué par Jésus: "Allez dire à ses disciples et à Pierre : "Il vous précède en Galilée; c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit"" (Marc 16,7). Puis une apparition discrète dans le silence matinal au bord du lac. La première parole est une question murmurée qui est interrogation sur l'essentiel: Après ma Passion et ton reniement, où en es-tu? "M'aimes-tu ?" Et, pour finir, la seconde parole est, là aussi, envoi en mission: "Sois le berger de mes brebis" (Jean 21,1-19).

L'attention à la parole intérieure

Dieu emprunte souvent les mêmes voies pour s'adresser à nous. Longtemps, il est vrai, nous n'éprouvons que le silence de Dieu et nous cheminons dans la patience. Notre prière traverse la sécheresse des déserts. Toute épreuve nous paraît insensée. Nous lisons les Écritures et ce ne sont que paroles lointaines et impersonnelles. Cela ne nous dit rien, cela ne nous parle pas. Mais, si nous acceptons de durer dans la prière, en des instants de grâce, il nous est donné d'entendre une parole à un seul adressé. À l'appel de son nom, le cœur se met à battre et il fait l'expérience simple et forte qui lui permet de dire : "Elle est vivante, cette parole ! Elle est dite pour moi. Elle va changer ma vie." François d'Assise entend lire dans une église le récit de l'envoi des disciples en mission, partant dans la pauvreté en messagers de paix. Il s'écrie : "Voilà ce que je veux !". Ainsi commence la grande aventure franciscaine.

En de tels instants, c'est l'Esprit qui parle à notre esprit. Souvent par le rappel de paroles de Jésus, selon la promesse faite dans le discours après la Cène : "L'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit" (Jean 14,26). Alors nous faisons l'expérience des disciples d'Emmaüs: la rencontre du Ressuscité sur la route, l'écoute d'une parole brûlante qui remet en question notre vie et l'oriente vers l'assemblée priante, le retour dans la communauté des croyants qui témoignent : "Oui, c'est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité, et il est apparu à Simon" (Luc 24,34).

Ce retour dans la communauté est nécessaire. La prière, le conseil et l'accompagnement en Église authentifient une parole entendue, qui peut n'être qu'autosuggestion. Mais rien ne remplace l'expérience spirituelle, l'attention patiente à la parole intérieure. Et les signes de l'Esprit sont les premiers moyens de discernement : "Voici le fruit de l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi" (Galates 5,22-23). Si la parole apporte joie et paix, c'est qu'elle vient de l'Esprit : "J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles" (Psaume 85,9).

Août 2007 ; Michel Souchon, jésuite

 

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 15:58

NDdeGrasse.JPGNous fêtons le 8 septembre la naissance de Marie, que l'on dit "née sans péché". Comment se reconnaître dans une telle figure de sainteté ? La réponse du P. Jacques Nieuviarts dans l'émission Mille questions à la foi, sur Radio Notre-Dame (5-12-2012).

Marie sans péché, est-ce dans les textes ?

J. N. : Ce que les Evangiles nous disent de Marie se trouve principalement dans les deux premiers chapitres de Luc. On voit aussi Marie au pied de la Croix, notamment dans l'Evangile de Jean. On la sait présente tout au long de la vie de Jésus et dans les débuts de l'Eglise. Dans le texte de l'Annonciation, l'ange Gabriel apparaît à une jeune fille nommée Marie, en Galilée. Il lui annonce la venue de Dieu en elle, et Marie répond Oui.

Là on parle de la virginité de Marie. Mais Marie sans péché ne figure pas dans l'Evangile ?

J. N. : Non, pas vraiment. Mais il faut se souvenir que dans la foi chrétienne, tout ce que l'on dit de Marie provient de ce que l'on a découvert de Jésus. La foi des premiers siècles, en se déployant, a dû trouver ses mots et se définir en s'affrontant à une pensée souvent contraire, à des courants de division, à des hérésies... Ce sont les conciles des premiers siècles qui sont parvenus à dire avec clarté que Jésus était vrai Dieu et vrai homme. Dès lors, s'il est vrai Dieu et vrai homme, Marie est mère de Dieu ! Et Marie, étant mère de Dieu, n'a pas pu connaître le péché. D'où cette affirmation : Marie est conçue sans péché.

Si elle est conçue sans péché, cela veut-il dire que tout au long de sa vie, elle ne s'énerve jamais, ne se met jamais en colère, enfin toutes ces petites choses que l'on connaît ?

J. N. : Quand on dit que Marie est conçue sans péché, cela veut dire que dès le début, elle est dans la clarté totale. Elle est dans une disponibilité totale, une terre vierge sur laquelle Dieu peut écrire son projet. Après, s'est-elle mise en colère ? J'imagine que oui, elle n'a pas été exemptée de vivre une vie humaine. Seulement elle a vécu dans la clarté totale de Dieu. Il y a des colères qui endommagent les autres, et il y a de saines colères, Jésus en a eu lui aussi.

Mais ce qu'on appelle le péché, cette séparation d'avec Dieu, elle ne l'a pas connu du tout ?

J. N. : C'est inconcevable. Elle en a été préservée entièrement, c'est la foi de l'Eglise. Corrélativement, on affirme aussi l'Assomption de Marie, qui dit qu'elle n'a pas connu non plus la dégradation de la mort. Les deux dogmes de l'Immaculée Conception et de l'Assomption datent respectivement de 1854 et de 1950, et sont liés.

C'est bien à Lourdes que Marie a dit à la petite Bernadette : « Je suis l'Immaculée Conception » ?

J. N. : Oui, en 1858, Marie le lui dit en patois, et Bernadette répète jusque chez le curé Peyramale cette affirmation qu'elle ne comprend pas, et qui laisse le curé étourdi d'entendre de la bouche de cette illettrée l'affirmation que l'Eglise vient de prononcer quatre ans plus tôt.

Cela prouve que c'était important pour la foi ? Tout de même, il n'y a que les catholiques qui reconnaissent Marie sans péché !

J. N. : C'est exact. Tous les chrétiens reconnaissent Marie mère de Dieu, mais seuls les catholiques insistent sur le dogme de l'Immaculée Conception. Pour notre foi, c'est une manière d'aller plus loin dans la compréhension de Marie.

Dans notre vie quotidienne, qu'est-ce que cela dit ?

J. N. : Cela dit ce qui se révèle en nous, cette clarté de Dieu qui peut s'installer petit à petit. L'immaculée Conception, l'Eglise l'affirme uniquement de Marie. A ce titre elle est différente de nous. Marie, telle que les Evangiles la présentent et telle que la foi de l'Eglise la comprend, nous montre ce que devient un être quand il se laisse toucher intégralement par l'Evangile. Et nous rencontrons des gens qui vivent de cette clarté totale, et qui sont en très grande proximité avec Marie.

Cela veut dire que même si nous ne sommes pas conçus sans péché, nous pouvons essayer de ressembler à Marie ?

J. N. : Je le crois, parce que nous ne sommes pas faits pour vivre dans le péché. Le péché, c'est une corrosion, une usure dans notre relation avec Dieu. Nous sommes faits pour vivre dans cette clarté et cette intimité de Dieu, ce choix de Dieu de notre part qui transforme notre vie et nos relations quotidiennes.

Mais comment faire au jour le jour ?

J. N. : Au jour le jour, il faut faire comme Marie : être disponible à une parole qui vient de Dieu. Ce n'est pas de nous que viendra la transformation, c'est d'une parole entendue, que nous laisserons irriguer notre vie. Marie donne pleinement sa vie, Jésus appelle à le suivre, il dit au pécheur : « Tu es pardonné », à la femme adultère « Va et ne pèche plus »... Quand nous laissons toutes ces paroles imprégner notre cœur, elles bouleversent notre vie et petit à petit la rapprochent de Dieu. C'est cela que Marie a vécu, cette proximité infinie. C'est pourquoi elle nous est présentée comme un modèle, bien qu'elle soit, comme disent les textes, « de notre race ».

Cela veut-il dire qu'il faut lire un passage de la Bible tous les jours ?

J. N. : Bien sûr ! Il faut pratiquer une écoute attentive de la Parole, une écoute amoureuse aussi. Quand l'Evangile dit que Marie « gardait toutes ces choses en son cœur », elle qui vivait avec les Ecritures de son peuple, ce qu'elle gardait dans son cœur, c'est cette rencontre de Dieu. Et cette rencontre très spécifique, elle la faisait en voyant vivre Jésus, qui l'a plus d'une fois désarçonnée. Comment faisait-elle pour vivre ? Comme vous et moi, en essayant de retrouver où était le cap, et c'était pour elle dans cet enracinement dans la Parole de Dieu. La tradition chrétienne a d'ailleurs beaucoup représenté Anne, la mère de Marie, en train d'apprendre à sa fille toute petite à lire la Torah.

Si je comprends bien, ce dogme n'est pas fait pour nous éloigner de Marie, mais pour nous montrer qu'on peut devenir comme elle.

J. N. : Il nous montre que c'est possible dans un être, et que c'est un aimant pour nos vies.

Possible dans un être, mais pour nous ? Pouvons-nous, non pas être conçus, mais devenir sans péché ?

J. N. : Je crois que c'est notre désir le plus profond. Et Marie dans l'Evangile nous montre que c'est possible, concrètement possible. Vous et moi, touchés par l'Evangile, pouvons rayonner de l'Evangile. Alors on pourra dire un jour de nous aussi : « En eux le Verbe s'est fait chair », « la Parole de Dieu a pris corps ».

Propos recueillis par Sophie de Villeneuve, décembre 2012

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 17:26

Pourquoi inscrire son enfant au caté ? Qu'est-ce que cela peut lui apporter ? Des parents, rencontrés lors des inscriptions des enfants à la paroisse St-Honoré d'Eylau (Paris), répondent.

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 17:21

L'Année de la Foi s'est ouverte à l'occasion des célébrations du 50e anniversaire de Vatican II et à quelques jours du XXe anniversaire de la publication du Catéchisme de l'Église catholique. L'occasion pour la Foi prise au mot de s'interroger sur la catéchèse. Qu'est-ce qui différencie la catéchèse de l'évangélisation ? Au-delà du catéchisme de monsieur le Curé ou de la « dame caté », qui sont les catéchistes aujourd'hui ? Comment transmettre la foi et la connaissance des évangiles aujourd'hui aux enfants et aux catéchumènes ? Et comment l'Église s'y prend désormais pour convaincre parents et enfants de la nécessité de s'inscrire au catéchisme ? Pour en parler, Régis Burnet reçoit le père Luc Mellet, directeur du service de la catéchèse et du catéchuménat à la C.E.F. et Véronique Goubert, responsable de la catéchèse dans le diocèse de Nanterre. 

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 14:26

voyant.jpgFranck Javary, curé de la cathédrale de Nanterre, répond aux questions de Sophie de Villeneuve dans l'émission de Radio Notre Dame, Mille questions à la foi.

S. de V.: dans la Bible, pratiquer la divination est considéré comme une abomination. Cette interdiction a été largement reprise par l'Eglise, qui recommande de ne pas recourir aux voyantes ni d'ailleurs à aucune autre forme de phénomènes paranormaux. Pourquoi cette interdiction ? Sur quoi se fonde-t-elle ? Pouvez-vous nous expliquer cette méfiance de l'Eglise ?

F. J. : Le Catéchisme nous explique que recourir à la divination ou à la voyance est contraire au premier commandement : « Tu n'auras pas d'autre dieu devant moi ». C'est une question de confiance : en qui est-ce que je mets ma confiance ? Pourquoi ai-je besoin d'aller consulter une voyante ?  Qu'est-ce que cela signifie ? Est-ce que je voudrais connaître l'avenir par moi-même, ou est-ce que je le remets entre les mains de Dieu qui est maître du temps ? Cette question de la confiance est le fondement de la position de l'Eglise.

Dans le passage du livre de Samuel, on veut bien sûr connaître l'avenir, mais aussi entrer en contact avec les disparus. Et quelquefois, comme le raconte cet épisode biblique, cela fonctionne.

F. J. : C'est alors que la plus grande prudence est nécessaire. Il y a beaucoup d'illusions et de manipulations dans le monde de la voyance. Que des personnes puissent avoir certaines capacités, certaines intuitions, pourquoi pas, c'est à examiner. Mais la question demeure : dans quel but ? Si nous souhaitons communiquer avec nos défunts, nous avons la prière, lieu d'une communication qui n'est pas une discussion. Nous confions nos défunts au Seigneur.

Et pour ceux qui voudraient connaître leur avenir, vous dites qu'il vaut mieux faire confiance à Dieu qu'à quelqu'un ? Ou que notre avenir n'est pas inscrit quelque part ?

F. J. : Le fondement la voyance, c'est en effet de dire que les choses peuvent être connues à l'avance. Mais notre avenir est ouvert, et il est ouvert à notre liberté. Il sera pour une très large part ce que nous en ferons. C'est très fataliste de croire que l'avenir est déjà écrit et qu'il est déchiffrable dans les étoiles ou dans les tarots. Nous chrétiens ne sommes pas fatalistes. Nous croyons à l'avenir que Dieu nous offre et nous croyons que nous y participons.

L'avenir, Dieu nous l'offre, mais il ne nous le prépare pas ?

F. J. : Il nous demande de collaborer à son œuvre, évidemment, sinon nous serions des marionnettes, nous jouerions un scénario écrit d'avance ! Certainement, Dieu connaît toutes choses, mais c'est parce qu'il connaît notre cœur et qu'il sait le chemin que nous prenons. Ce chemin, Dieu veut l'ouvrir dans la bonne direction.

Et pourtant, dans la Bible, on voit de nombreux prophètes, et des grands prophètes, annoncer ce qui arrive. On voit aussi des mages dans l'Evangile de Matthieu, qui dit bien qu'ils étaient des astrologues.

F. J. : Les prophètes ne font pas de voyance. Les prophètes annoncent les conséquences de nos actes et  nous invitent à la conversion. Les malheurs qui peuvent être annoncés par tel ou tel prophète arriveront si l'on ne se convertit pas. Parfois le prophète lui-même annonce que le peuple ne se convertira pas, mais que le Seigneur viendra par la suite apporter la réconciliation et le salut. Ce n'est pas à de la curiosité que les prophètes veulent répondre, c'est la conversion du cœur qu'ils visent. Et non ce que les gens recherchent en allant voir tel ou tel voyant.

L'Eglise n'aime pas la curiosité ?

F. J. : Non, ce qu'elle n'aime pas, c'est le fait de croire qu'en payant un voyant, on va savoir ce qui va se passer demain, et pire encore, qu'on va faire ce qu'il nous dit de faire ! Il faut bien comprendre qu'il y a là un risque qui ne concerne pas seulement notre portefeuille, c'est le risque de la manipulation. On est étonné de voir des gens parfois très cultivés prendre une décision parce qu'une voyante leur a dit que tel jour est favorable. C'est remettre une décision entre les mains d'un gourou.

Vous voyez souvent des personnes qui ont recours aux voyants ? Qu'est-ce que vous leur dites ?

F. J. : Très certainement, beaucoup de chrétiens ont recours à la voyance, mais les gens sont plutôt discrets et ne s'en vantent pas ! Ils savent bien, au fond, que ce n'est pas une bonne chose. Il peut arriver qu'ils en parlent en confession, on en entend parler au détour d'une conversation... Je regrette un peu que le sujet ne soit pas davantage abordé. Il y a quelques années, Mgr Cattenoz a écrit une lettre à ce sujet à ses diocésains, pour l'aborder de front.

Donc, si l'Eglise interdit le recours aux voyants, c'est pour mettre l'accent sur la réalité de la vie chrétienne ?

F. J. : Oui, la vie chrétienne, c'est mettre suffisamment sa confiance en Dieu pour ne pas s'inquiéter de son avenir. Que font les gens quand ils vont voir les voyants ? Ils viennent peut-être demander conseil, mais ils viennent surtout se rassurer ! Et parfois, pour certains, ils cherchent illusoirement un certain pouvoir, celui de contrôler leur avenir. Notre avenir est ouvert, il est entre les mains de Dieu et de notre liberté. « Que ta volonté soit faite », il faut le redire sans cesse.

Cela veut-il dire que, dans notre vie de tous les jours, il faut être parfaitement ouvert et disponible à ce qui arrive, sans crainte ?

F. J. : La crainte, c'est le contraire de la confiance. Chaque jour, le Seigneur nous donne de quoi vivre cette journée avec son amour. Bien sûr, il faut aussi prévoir. L'Eglise ne nous demande pas d'être imprévoyants. Mais entre prévoir des choses rationnelles et recourir à la divination, il y a un abîme ! Nous avons à préparer des activités, à prévoir des choses, mais toujours sous le regard de Dieu, et non pas pour nous croire à la place de Dieu.

En même temps, dans cette vie de confiance, des choses étonnantes et mystérieuses peuvent se passer, auxquelles il nous faut être attentif.

F. J. : Il peut y avoir des phénomènes spirituels, des moments particuliers qui nous bouleversent, qui nous intriguent... Ceci n'a rien à voir avec le paranormal ou avec la voyance, mais avec la foi. Le cas échéant, il faut en parler à un prêtre, sous le regard de la foi. Il arrive qu'on vienne me dire : « Dans un songe, j'ai eu telle vision, j'ai entendu telle parole... » On cherche alors à comprendre, sous le regard de Dieu, ce qui arrive, et qui n'est pas magique.

Mais parfois c'est étonnant ou inquiétant ?

F. J. : Cela peut être étonnant dans certains cas. Ce n'est pas forcément inquiétant. Dieu nous parle, il veut communiquer avec ceux qu'il aime, parfois de manière inattendue.

Comment reconnaître que c'est Dieu ?

F. J. : On le reconnaît aux fruits spirituels qui sont portés. D'abord des fruits de conversion. Ensuite dans la réalisation ce qu'on a peut-être compris comme une promesse de Dieu, et là nous entrons dans un domaine un peu connexe, avec la question par exemple des apparitions. Comment l'Eglise reconnaît-elle et valide-t-elle l'authenticité d'apparitions ? Il y a des critères assez précis, qui sont d'ordre spirituel et portent sur les fruits spirituels de ces apparitions. Le premier fruit, c'est la confiance, alors que le fruit de la voyance, c'est souvent la peur et l'inquiétude.

En résumé, l'Eglise interdit le recours à la voyance pour de nombreuses raisons, même si elle ne mésestime pas certains phénomènes mystérieux...

F. J. : L'Eglise ne condamne pas ceux qui ont recours aux voyants ! Ils n'iront pas en enfer pour autant. Elle exprime simplement un appel à la conversion, à mettre sa confiance en Dieu et à se débarrasser de mauvaises habitudes, qui parfois peuvent coûter très cher.

Mauvaises habitudes, pas péché ?

F. J. : Si, mauvaises habitudes et péché, plus ou moins conscient et volontaire, contre la confiance en Dieu.

Recueillis par Sophie de Villeneuve, 2012

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